Arrêts maladie courts non remboursés : ce que propose le Medef et ce que ça changerait pour vous

Patrick Martin, président du Medef, a proposé ce mardi 22 septembre 2026 sur France 2 que les arrêts maladie de courte durée ne soient plus remboursés « ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé » — mais il s’agit à ce stade d’une proposition patronale, pas d’une décision : rien ne change aujourd’hui pour les assurés.

Une grippe, une gastro, quelques jours au lit : la vraie question du salarié reste « combien vais-je toucher ? ». La réponse dépend déjà du délai de carence, de la convention collective et d’un éventuel contrat de prévoyance. Si la piste défendue par le président du Medef était un jour retenue, certains arrêts courts pourraient coûter plus cher aux salariés. Voici ce qui a été dit, ce qui existe réellement en 2026, et ce qui changerait — au conditionnel.

En bref

À lire Clématite : Guide Complet Culture et Entretien 2026

  • Invité des « 4 Vérités » sur France 2, Patrick Martin a plaidé pour des « arrêts maladie dits d’ordre public » : des jours de carence qui ne seraient plus remboursés ni par la Sécurité sociale ni par les complémentaires santé.
  • Objectif affiché : un « effet comportemental », dans le contexte de la recherche d’économies pour le budget 2027.
  • Aujourd’hui, dans le privé, les indemnités journalières de l’Assurance maladie ne démarrent qu’au 4e jour d’arrêt ; beaucoup de salariés sont couverts avant par leur employeur ou une prévoyance collective.
  • Rien n’est décidé : le ministre du Travail a annoncé le 18 septembre l’ouverture prochaine de discussions avec les partenaires sociaux.
3 joursde carence dans le privé avant les IJ de la Sécu
50 %du salaire journalier de base versé en IJ
42,97 €bruts/jour d’IJ maximum depuis juillet 2026
1 jourde carence dans la fonction publique

Ce que Patrick Martin a proposé sur les arrêts maladie courts #

Invité ce mardi 22 septembre 2026 de l’émission « Les 4 Vérités » sur France 2, le président du Medef a plaidé pour « des arrêts maladie dits d’ordre public » — c’est-à-dire, selon ses mots, des jours de carence « qui ne soient plus remboursés ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé » —, rapportent franceinfo et CNews. Selon lui, cette absence totale de prise en charge aurait un « effet comportemental », alors qu’« il y a un nombre d’arrêts-maladie de courte durée qui augmente d’une manière parfois suspecte ».

Un point important pour les adhérents de mutuelles : Patrick Martin refuse un simple transfert de la dépense vers les complémentaires santé. Si l’Assurance maladie cessait de rembourser mais que la complémentaire d’entreprise prenait le relais, il n’y aurait selon lui « aucun effet comportemental » — d’où l’idée de jours non indemnisés par personne, « dans certaines limites », a-t-il précisé.

Le président du Medef a en revanche pris ses distances avec l’expression « open bar » sur les arrêts maladie employée par Édouard Philippe : une « punchline » qu’il dit ne pas endosser.

Patrick Martin dans « Les 4 Vérités » (Télématin, France 2, 22 septembre 2026) — vidéo officielle Télématin.

Ce qui existe aujourd’hui : carence, indemnités journalières et prévoyance #

Les règles 2026, vérifiées sur ameli.fr et service-public.gouv.fr, sont les suivantes. Dans le secteur privé, un délai de carence de 3 jours s’applique : les indemnités journalières (IJ) de la Sécurité sociale ne sont versées qu’à partir du 4e jour d’arrêt. Elles représentent 50 % du salaire journalier de base, calculé sur un salaire plafonné à 1,4 fois le SMIC : l’IJ maximale atteint 42,97 € bruts par jour depuis juillet 2026. Exemple officiel de service-public.fr : pour 2 000 € bruts mensuels, le salaire journalier de base est de 65,75 € et l’indemnité journalière de 32,87 €.

À lire Frelon européen : Identification et dangers

Dans la fonction publique, chaque arrêt entraîne 1 jour de carence non rémunéré ; l’agent de l’État perçoit ensuite 90 % de son traitement indiciaire pendant les trois premiers mois du congé de maladie ordinaire (avec des variantes selon le versant et l’ancienneté).

Un arrêt de 2 jours dans le privé ne déclenche donc aucune IJ. Mais le salarié ne perd pas forcément tout : selon la loi, l’ancienneté, la convention collective ou un accord d’entreprise, l’employeur peut maintenir tout ou partie du salaire. Et c’est là que la complémentaire entre en jeu : la mutuelle santé rembourse surtout des soins — comme les dépassements d’honoraires —, tandis que la prévoyance collective peut compléter la perte de revenus, et couvre parfois les jours de carence. C’est précisément cette prise en charge par « les complémentaires » que la proposition supprimerait pour les arrêts courts.

Aujourd’hui vs si la proposition était adoptée #

Situation Règle actuelle (2026) Si la proposition était adoptée
Arrêt de 2 jours dans le privé Pas d’IJ de la Sécu ; maintien de salaire possible par l’employeur ou la prévoyance. Les jours visés resteraient sans prise en charge, ni Sécu ni complémentaire.
Arrêt de 5 jours dans le privé IJ à partir du 4e jour (50 % du salaire de base, plafonné) ; complément éventuel. Le nombre de jours non indemnisés dépendrait du texte finalement retenu.
Jours de carence couverts par la prévoyance d’entreprise Possible selon le contrat collectif ou la convention collective. Cette couverture serait exclue pour les arrêts courts « d’ordre public ».
Agent de la fonction publique 1 jour de carence, puis 90 % du traitement indiciaire pendant 3 mois. Effet impossible à évaluer sans texte précisant les agents concernés.

Et moi, concrètement : qu’est-ce que ça changerait ? #

Si la proposition était adoptée telle quelle, un salarié aujourd’hui protégé par sa convention collective ou sa prévoyance d’entreprise pourrait perdre cette compensation sur les premiers jours d’un arrêt court : la perte dépendrait alors de son salaire, du nombre de jours visés et du texte finalement voté. Un salarié sans couverture favorable, lui, subit déjà les 3 jours de carence — pour ce profil, le changement porterait surtout sur l’interdiction faite aux complémentaires de combler ces jours.

À l’inverse, rien ne bouge tant qu’aucun texte n’est voté et entré en vigueur : une déclaration télévisée ne modifie pas les droits. Restent à définir le nombre de jours concernés, les salariés et agents visés, les exceptions éventuelles et le rôle des employeurs. Pour les arrêts qui se prolongent, les règles sont différentes et déjà encadrées : voir notre dossier sur l’arrêt de travail longue durée, et, si votre contrat de travail prend fin, celui sur la mutuelle après une rupture conventionnelle.

À lire Cochenille : Guide Traitement et Prévention

Ce qui n’est pas encore décidé #

La proposition intervient dans la préparation du budget 2027 et la recherche d’économies sur les dépenses sociales. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé le 18 septembre 2026 le lancement prochain de discussions avec les partenaires sociaux sur les arrêts maladie. Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle des syndicats ou de la Mutualité Française à la déclaration de Patrick Martin n’a pu être recoupée ; ce sont ces concertations qui diront si l’idée est reprise, amendée ou écartée. Aucun calendrier d’application n’existe à ce jour.

Questions fréquentes #

Les arrêts courts sont-ils déjà partiellement non indemnisés ?

Oui. Dans le privé, les IJ de l’Assurance maladie ne sont versées qu’à partir du 4e jour d’arrêt (3 jours de carence). L’employeur, la convention collective ou la prévoyance peuvent toutefois compenser tout ou partie de ces journées.

Ma mutuelle rembourse-t-elle mes arrêts maladie ?

La mutuelle santé rembourse surtout des soins. C’est la prévoyance — souvent collective, via l’entreprise — qui complète la perte de revenus pendant un arrêt, et qui couvre parfois les jours de carence. C’est cette couverture que la proposition du Medef exclurait pour les arrêts courts.

La proposition du Medef est-elle déjà appliquée ?

Non. Au 22 septembre 2026, il s’agit d’une proposition du président du Medef, sans texte, sans calendrier et sans décision du gouvernement ou du Parlement. Les règles actuelles (carence de 3 jours dans le privé, 1 jour dans la fonction publique) continuent de s’appliquer.

À lire Faisan : Guide Complet Élevage et Cuisine 2026

À retenir

Le non-remboursement des arrêts maladie courts « ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé » est une proposition de Patrick Martin, président du Medef, formulée le 22 septembre 2026 dans le cadre du débat sur le budget 2027 — pas une règle. Aujourd’hui, le privé connaît 3 jours de carence (IJ plafonnées à 42,97 € bruts/jour), la fonction publique 1 jour, et ce sont la convention collective et la prévoyance qui protègent le revenu. Avant le prochain arrêt, le bon réflexe reste de vérifier ce que votre contrat collectif prévoit réellement.

Guide Mutuelle Abordable est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

A decouvrir : agence web 77 · consultant SEO Bordeaux